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Tennis - Interview de Maxime QUINQUENEAU

Maxime QUINQUENEAU
- Né le 16 juin 1989 à Poitiers
- Habite à Poitiers et adhérent du Stade Poitevin Tennis
- Etudiant en Master 2 management du Sport à la Faculté des Sciences du Sport de l'Université
de Poitiers

Palmarès et parcours sportif :
• Pôle France à Poitiers de 12 à 15 ans
• Classé -30 depuis 2008
Meilleure perf sur un joueur classé 300 ATP, passé 215 deux mois plus tard
Quelques perf sur des joueurs classés entre 400 et 600 ATP
• Participation à 3 Universiades :
2009 à Belgrade en Serbie
2011 à Shenzhen en Chine
2013 à Kazan en Russie (médaillé de Bronze)


DÉCOUVERTE DU SPORT

Comment et quand as-tu découvert le tennis ?
J'ai découvert le tennis à 5 ans avec mon voisin à Saint-Jean de Sauves. Nous jouions un peu partout et n'importe comment : dans la maison, dans le jardin, dans la rue… Après avoir cassé toutes les ampoules de la maison, mon père nous a construit un mur dans le jardin pour taper la petite balle jaune sans risquer de casser quoique ce soit !

As-tu hérité du profil sportif de tes parents ?
Non, pas particulièrement. Ma mère n'était pas sportive… Mon père lui était footballeur… Mais rien, à priori, de déterminant pour accéder au haut niveau. Pour autant, mes parents ont toujours été très investis pour m'accompagner dans mes démarches.

As-tu pratiqué d'autres sports ? Qu'est-ce qui t'a plu dans le tennis ?
Oui, comment dire… J'étais un peu « hyper actif » quand j'étais jeune… Mes parents ne savaient pas trop comment s'y prendre pour me fatiguer !! J'ai donc aussi joué au foot jusqu'à mes 12 ans. Je faisais 4 séances de tennis par semaine, un entraînement de foot et matchs foot et tennis le week-end !

Quelles difficultés as-tu rencontré dans ta progression sportive ?
Quand on est jeune, on ne se rend pas vraiment compte de l'environnement dans lequel on évolue et les enjeux que cela représente pour les gens qui nous entourent (parents, proches, dirigeants, entraîneurs, …) Avec le recul, mais sans regrets, je constate que j'aurais pu m'impliquer davantage sur certaine phase.
Je me suis vraiment rendu compte de l'ampleur du projet lorsque je suis rentré au Pôle France au CREPS. Les sélections mettent en compétition entre 20 et 30 jeunes et seulement quelques uns seront sélectionnés… Grosse pression !
Puis une fois intégré, tout est organisé, millimétré, encadré, programmé… Le couloir de l'accès au haut-niveau. Peu de place à une autre vie que celle de sportif en devenir. Cela m'allait très bien pour vivre ma passion mais cela ne correspond pas à tout le monde.
J'ai peut-être quelques regrets sur mon investissement physique avec du recul. J'ai souvenir de quelques séances spécifiques dans lesquels j'aurais pu me donner davantage.
L'autre difficulté est aussi de gérer les phases de réussite et de récompenses. Tu bosses comme un « malade », ton tennis se développe… Tu es en réussite… Tu prends confiance, trop confiance… et tu fais une « contreperf » (défaite contre un athlète moins bien classé). Et là, la chute est dur. Et il faut recommencer, reprendre confiance, s'entraîner de nouveau et éviter l'erreur…

VIE EN CLUB / VIE EN PÔLE

Tu es licencié au Stade Poitevin Tennis depuis tes 14 ans après avoir fait tes premiers pas au Tennis Club de Mirebeau, quels sont les plus beaux souvenirs en club ?
Je garde de beaux souvenirs de convivialité au Club de Mirebeau même si j'étais trop jeune pour avoir conscience de ce qui allait se passer pour moi sur le plan sportif.

Au Stade Poitevin, j'ai un super souvenir de perf sportive en match par équipe. J'ai 15 ans, nous sommes en N2. Sur le papier notre équipe n'est pas favorite, pas du tout ! Pour autant, nous faisons de belle perf et la dernière rencontre contre Villeneuve d'Ascq est décisive pour une montée en N1B. Tous les matchs que nous jouons se font avec 2 ou 3 classements d'écarts. A priori, impossible pour nous de gagner… Mais nous le faisons et montons en N1B !!! Super souvenir sportif, d'autant plus que les matchs par équipe sont des temps collectifs extraordinaires à vivre dans un sport individuel où on a plus l'habitude d'être seul contre les autres.

Un souvenir particulier d'un entraineur ? Que t'a-t-il apporté ?
J'ai surtout des souvenirs de mes entraineurs avec lesquels j'ai vécu des moments très forts. Que ce soit Hubert GAIN, mon premier entraineur à Mirebeau, Patrick LABAZUY ou René FRANCQUEVILLE au pôle France ou Antoine POUSSARD qui me suit au Stade Poitevin.

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu aujourd'hui à des jeunes qui commencent le sport ou le tennis ?
Difficile pour moi de donner des conseils pour se mettre au sport… Je crois, évidemment, que l'investissement des parents est fondamental dans la découverte et la motivation, sinon c'est dur !

Je pourrais plus facilement parler de conseils dans l'accès au haut-niveau. Avec le recul, et les contraintes d'étudiants qui me laissent moins de temps pour m'entrainer, je suis devenu beaucoup plus qualitatif dans mes entraînements. Avec 3 séances par semaine sur des périodes chargées, je reste performant alors que la culture d'entrainement me conseillerait peut-être de doubler ce volume pour rester à niveau.
Donc savoir s'écouter reste un élément fondamental de la pratique sportive.

LA COMPÉTITION

Combien d'heures t'entraînes-tu par semaine ?
Je suis dans une phase de ma vie où se télescopent « études » et « haut-niveau ». Je suis actuellement étudiant en Master 2 management du sport à la Faculté des Sciences du Sport de Poitiers et mes périodes de stage me contraignent dans mes entraînements (même si j'ai clairement fait le choix des études). Je suis sur 2/3 entrainements par semaine.

Classé moins (-30), vis –tu de ta pratique du Tennis ?
Je ne vis clairement pas du Tennis. Les quelques tournois sur lesquels je peux gagner me permettent tout de même de financer des déplacements, des équipements et quelques uns de mes frais d'étudiants. Mais nous sommes loin des $ que nous pouvons voir à la TV. Mais disons que pour un étudiant en STAPS et un passionné de tennis, c'est un bon « job d'étudiant » !

D'ailleurs, vivre du Tennis reste compliqué ! Je joue actuellement sur le circuit national ce qui limite mon évolution dans le classement ATP. Mais c'est plutôt un choix de ma part… Vouloir évoluer au classement ATP, c'est s'engager au minimum sur le circuit européen, ce qui génère beaucoup de frais, un budget de 25 000 € annuel, sans certitude de gains sur les tournois pour équilibrer le budget. La zone de « Non classé » à « classé 300 ATP » est une zone particulièrement difficile à franchir avant de pouvoir vivre du tennis.

DIPLÔME / RECONVERSION

La question de la reconversion des athlètes fait l'objet de préoccupations aussi bien des sportifs de haut-niveau que des dirigeants de clubs ou fédérations. De ton côté, comment prépares-tu « l'après » ? Et quels sont les besoins d'un athlète comme toi pour s'exprimer dans les meilleures conditions possibles ?
J'ai effectivement fait le choix des études plutôt que du 100 % tennis. Mon projet est donc de travailler dans l'événementiel sportif ou d'intégrer une marque sportive. Je réalise donc un stage au service régional UNSS Poitou-Charentes où je me suis occupé des premiers Championnats de France UNSS de Sport Partagé et où je vais m'occuper, en collaboration avec le directeur régional et les secrétaires du service UNSS, des Championnats de France UNSS d'Athlétisme.

J'ai quelques contacts avec des grands organisateurs de manifestations tennistiques.

Je suis aussi en partenariat avec une jeune marque Poitevine de prêt à porter Tennis 5 sets (www.5sets.fr) qui se développe et cherche à se faire un nom dans le Tennis.

On dit du sport (notamment du Haut Niveau) qu'il est une qualité recherchée par les employeurs ? Facteur de performance ? Qu'en penses-tu ?
Oui, c'est à mon avis une qualité intéressante que les employeurs peuvent effectivement exploiter. « difficultés », « défis », « ne rien lâcher » sont des questions permanentes dans la compétition de haut-niveau. Tout cela se transpose facilement en qualité et compétence pour répondre au besoin de performance d'une entreprise.

LES JEUX OLYMPIQUES

Que t'inspire le plus grand événement sportif de la planète ?
Mon niveau ne me permet pas de rêver des JO… Mais j'ai eu la chance de pouvoir participer à 3 Universiades (JO des étudiants) où j'ai pu faire de belles performances. Ce sont des souvenirs incroyables de partage, de fête… Notre délégation de plus de 300 athlètes nous a permis d'avoir un sentiment de collectif avec d'autres athlètes qui n'existe pas dans nos compétitions plus traditionnelles.

Je pense aussi à la face cachée de ces organisations. En Serbie, nous étions sortis du village pour découvrir du pays. La découverte fut impressionnante puisque nous découvrions les traces laissées par la guerre… Évidemment, 2 mondes s'entrechoquent.

Enfin, les JO mais aussi la coupe DAVIS sont, pour moi, des moments extrêmement intenses à vivre, l'aboutissement d'un engagement total…



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